MO(T)SAIQUES 2

"Et vers midi
Des gens se réjouiront d'être réunis là
Qui ne se seront jamais connus et qui ne savent
Les uns des autres que ceci : qu'il faudra s'habiller
Comme pour une fête et aller dans la nuit ..."

Milosz

lundi 2 septembre 2013

P. 262. Le 2 septembre 1910, la mort renverse le chevalet du Douanier Rousseau...


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Henri, Julien, Félix Rousseau (21 mai 1844 - 2 septembre 1910)
Moi-Même, autoportrait (1890), huile sur toile, H 146 cm, L 113 cm.
détail en couverture de :
Gilles Plazy,
Le Douanier Rousseau, un naïf dans la jungle,
Gallimard, Coll. Découvertes, 1992, 144 p.

Guillaume Apollinaire :

- "Nous sommes réunis pour célébrer ta gloire,
Ces vins qu'en ton honneur nous verse Picasso,
Buvons-les donc, puisque c'est l'heure de les boire
En criant tous en chœur : " Vive ! vive Rousseau ! "

(Inscription pour le tombeau du peintre Henri Rousseau douanier).

Musée d’Orsay

- "Petit employé de l'octroi de Paris (1), d'où le surnom de "douanier", Henri Rousseau échappe à sa modeste condition sociale par la peinture, qu'il pratique en parfait autodidacte.
N'ayant jamais quitté la France, c'est dans l'imagerie populaire et les récits de l'époque qu'il puise son inspiration pour réaliser les grandes "Jungles" qui en font le pionnier d'un nouvel exotisme et assurent sa célébrité (…).
Parmi ses plus fervents admirateurs, on trouve Alfred Jarry, André Breton, Guillaume Apollinaire, Robert Delaunay (2) ou encore Pablo Picasso."
(Exposition au Musée, 2006).

Le mONDE dES ARTS

- "C'est un monde hors de l'ordinaire qui au fond, intéresse Rousseau, un monde hors de la réalité de sa vie misérable, hors de ses drames familiaux, de des déboires affectifs, et de ses échecs comme artiste peintre. Il se dit peintre réaliste, et ne veut peindre dit-il que la nature.
Il a été bercé par les contes traditionnels que lui racontait, enfant, une vieille tante durant son enfance à Laval. Impressionné quelques années plus tard par la lecture de Robinson Crusoe et de Paul et Virginie, Rousseau restera imprégné de la lecture qu'il fera de Jean-Jacques Rousseau et du concept de l'homme naturel et du bon sauvage."
(H. Rousseau, galerie 1).

Musée de l’Orangerie


- "Cet autodidacte ne commença sa carrière de peintre que tardivement vers l’âge de 40 ans.
L’œuvre inclassable du Douanier Rousseau est particulièrement bien représentée (neuf tableaux) au musée de l’Orangerie. La Collection Jean Walter et Paul Guillaume expose l’ensemble le plus important de peintures de cet artiste en France.
Paul Guillaume fût l’un des principaux collectionneurs de tableaux de Rousseau, et ce dès 1915, époque où Rousseau, admiré uniquement par les cercles d’avant-garde, est encore ignoré du grand public."
(Catalogue).


1897 : La gitane endormie, huile sur toile, H 129,5 cm, L 200,7 cm (DR).

Alain Galoin

- "Henri Rousseau est une personnalité artistique originale et inclassable. Né à Laval en 1844, dans un milieu très modeste, il exerce la fonction de gabelou à l’octroi de Paris de 1871 à 1893, d’où son surnom de « Douanier ». Son entrée dans la vie artistique est relativement tardive : en 1871, il commence à peindre en amateur passionné, sans culture ni métier. Il produit des paysages qui illustrent souvent les progrès techniques de son temps, des portraits, des sujets patriotiques et militaires, des scènes de la vie populaire et des vues d’un Paris qu’il ne quittera jamais, mais sa notoriété est avant tout liée aux tableaux à sujets exotiques dont l’inspiration est nourrie par ses visites au Jardin des Plantes, au Museum d’Histoire naturelle, ou d’images empruntées aux dictionnaires, aux catalogues, aux livres de botanique ou aux chromos (…).
Objet des sarcasmes et du dédain des critiques, son œuvre est unanimement appréciée des peintres symbolistes comme Paul Gauguin et Odilon Redon, ou des artistes d’avant-garde comme Pablo Picasso, Robert Delaunay, Marie Laurencin, Fernand Léger, Camille Pissarro ou le peintre américain Max Weber (3) qui lui consacrera une exposition à New York en 1910. Le Douanier Rousseau se sent néanmoins très éloigné des Impressionnistes et des Modernes. Admirateur d’Ingres et de peintres académiques comme Bouguereau ou Gérôme, il ne relève cependant ni de la tradition, ni de l’avant-garde. Sa peinture constitue une expérience originale qui continue à susciter bien des interrogations."
(L’Histoire par l’image, « explore l’Histoire de France à travers les collections des musées et les documents d'archives »).

Fondation Beyeler

- "Méconnu de son vivant et bien après comme un représentant de la peinture naïve, il ne s’est imposé qu’à titre posthume comme un précurseur majeur de l’art moderne."
(2013).

Félix Vallotton

- "Monsieur Rousseau devient plus stupéfiant d'année en année... C'est l'alpha et l'oméga de la peinture... Tout le monde ne rit pas, du reste, et certains qui en auraient envie s'arrêtent bientôt ; il est toujours beau de voir une croyance, quelle qu'elle soit, si impitoyablement exprimée" (4).

Le Douanier Rousseau et Picasso

- "Nous sommes les deux plus grands peintres de ce siècle, Picasso dans le style égyptien, et moi dans le style réaliste" (5).


1909 : La muse (Marie Laurencin) inspirant le poète (Guillaume Apollinaire), huile sur toile, H 146 cm, L 97 cm (DR).

Guillaume Apollinaire à propos du Douanier Rousseau

- "Peu d'artistes ont été plus moqués durant leur vie que le Douanier, et peu d'hommes un front plus calme aux railleries, aux grossièretés dont on l'abreuvait. Ce vieillard courtois conservera toujours la même tranquillité d'humeur et, par un tour heureux de son caractère, il voulait voir dans les moqueries mêmes l'intérêt que les plus malveillants à son égard étaient en quelque sorte obligés de témoigner à son oeuvre. Cette sérénité n'était que de l'orgueil bien entendu. Le Douanier avait conscience de sa force. Il lui échappa, une ou deux fois, de dire qu'il était le plus fort peintre de son temps. Et il est possible que sur bien des points il ne se trompât point de beaucoup. C'est que s'il lui a manqué dans sa jeunesse une éducation artistique, il semble que, sur le tard, lorsqu'il voulut peindre, il ait regardé les maîtres avec passion et que presque seul d'entre les modernes, il ait deviné leurs secrets.
Ses défauts consistent seulement parfois dans un excès de sentiment, presque toujours dans une bonhomie populaire au-dessus de laquelle il n'aurait pu s'élever et qui contrastait un peu fort avec ses entreprises artistiques et avec l'attitude qu'il avait pu prendre dans l'art contemporain.
Le Douanier allait jusqu'au bout de ses tableaux, chose bien rare aujourd'hui. On n'y trouve aucun maniérisme, aucun procédé, aucun système. De là vient la variété de son oeuvre. Il ne se défiait pas plus de son imagination que de sa main. De là viennent la grâce et la richesse de des compositions décoratives.[...]
Il en est résulté que ce Breton, vieil habitant des faubourgs parisiens, est sans aucun doute le plus étrange, le plus audacieux et le plus charmant des peintres de l'exotisme. La Charmeuse de serpents le montre assez. Mais Rousseau ne fut pas seulement un décorateur, ce n'était pas non plus un imagier, c'était un peintre. Et c'est cela qui rend la compréhension de ses oeuvres si difficile à quelques personnes. Il avait de l'ordre, et cela se remarque non seulement dans ses tableaux, mais encore dans ses dessins ordonnés comme des miniatures persanes. Son art avait de la pureté, il comporte dans les figures féminines, dans la construction des arbres, dans le chant harmonieux des différents tons d'une même couleur, un style qui n'appartient qu'aux peintres français, et qui signale les tableaux français où qu'ils se trouvent. Je parle, bien entendu, des tableaux de maîtres."
(Les soirées de Paris, 15 janvier 1914).


1907 : La Charmeuse de serpents, huile sur toile, H 169 cm, L 181, 5 cm (DR).

NOTES :


(1) Octroi : avant de laisser pénétrer marchandises et denrées dans Paris, la commune prélevait un droit d'entrée appelé « l'octroi ». Cette barrière douanière se concrétisait sous forme d’une soixantaine de points de contrôles, élevés autour de Paris en 1785 par l'architecte Claude Nicolas Ledoux et reliés par une enceinte de plus de 20 kilomètres. Pour les promeneurs : des vestiges des bâtiments de l’octroi les attendent au parc Monceau et place Denfert-Rochereau (un bâtiment mène discrètement aux catacombes, l'autre abrite l’Inspection générale des carrières de Paris).

(2) Robert Delaunay (1885-1941). Présentation par Guillaume Apollinaire :
- "Il y a dans la peinture moderne de nouvelles tendances ; les plus importantes me semblent être, d'une part le cubisme de Picasso, d'autre part, l'orphisme de Delaunay. L'orphisme jaillit de Matisse et du mouvement des fauves, en particulier de leurs tendances lumineuses et anti-académiques. Delaunay croyait que si vraiment une couleur simple conditionne sa couleur complémentaire, elle ne la détermine pas en brisant la lumière, mais en suscitant à la fois toutes les couleurs du prisme. Cette tendance, on peut l'appeler l'orphisme." (Die Moderne Malerei [La peinture moderne] dans Der Sturm, février 1913).

(3) Max Weber (1881-1961). Dictionnaire de la Peinture Larousse :
- "Il fut le premier, aux États-Unis, à assimiler la leçon du Cubisme et à le transformer en un style personnel. Il arriva aux États-Unis à l'âge de dix ans (...) mais, en 1905, il s'embarqua pour la France et travailla à Paris à l'académie Julian (…) et fréquenta les ateliers de peintres modernes. Weber se lia d'amitié avec Matisse, le Douanier Rousseau et connut aussi Picasso et Delaunay. À son retour à New York, en 1909, il peignait toujours des figures d'un lyrisme simplificateur plus proche de Matisse que de Picasso. Il se rallia au Cubisme dans les années suivantes et l'aspect dynamique de son style lui permit de traduire la réalité urbaine de New York et témoigne de l'influence du Futurisme et de l'Expressionnisme."

(4) Félix Vallotton (1865-1925, suisse naturalisé français en 1900). La Fondation à son nom :
- "Farouchement indépendant, il élabore en quelques années un style singulier, nourri des trouvailles de ses xylographies, de la leçon des maîtres japonais et de l’exemple de prédécesseurs illustres tels que Poussin, Rembrandt ou Ingres. Son art ne rompt pas avec la tradition mais la bouleverse par de puissants effets décoratifs, par une palette où des tons sourds alternent avec les couleurs les plus éclatantes, souvent dissonantes, parfois irréelles. L’ampleur de son oeuvre peint est d’autant plus considérable que Vallotton l’a réalisé en quatre décennies."

(5) A lire : Le Douanier Rousseau, Oeuvres écrites, Préface de Tristan Tzara, Présentation de Yann le Pichon, CNRS Editions, 2011, 285 p. 4e de couverture :
- "Sait-on que le Douanier Rousseau fut aussi un dramaturge et un poète ? Henri Rousseau (1844-1910), dont l'oeuvre peint est la fierté des plus grands musées du monde, ne cesse de nous ébahir et de nous émouvoir par l'originalité de son imagination créatrice et par son génie poétique qui ont marqué l'art moderne. Son oeuvre écrite est beaucoup moins connue ; la voici enfin réunie en sa totalité. En 1947, Tristan Tzara, le pape du mouvement dadaïste, avait édité deux de ses pièces de théâtre : un vaudeville écrit en 1890, Une Visite à l'Exposition de 1889 et un drame terminé en janvier 1899, La Vengeance d'une orpheline russe. Une troisième comédie restait inédite : L'Etudiant en goguette, écrite en 1908. Légataire universel du Douanier Rousseau, dont il est l'expert international, l'historien de l'art Yann le Pichon présente et commente clairement toute l'oeuvre dramatique du célèbre Naïf, ainsi que la très intéressante préface de Tzara. II y rassemble aussi, en les analysant précisément, toutes ses poésies, les titres et les légendes de ses tableaux, ainsi que sa brève autobiographie. Cet ouvrage exhaustif est, au sens propre du mot, une ouverture remarquable sur le génie virginal et protéiforme du Douanier Rousseau qui se voulait " artiste total ".
et
Yann le Pichon, Le monde du Douanier Rousseau, CNRS Editions, 2010, 320 p.


Les deux ouvrages aux Editions du CNRS (Mont. JEA/DR).

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26 commentaires:

  1. j'ignorais (la date de sa mort) - vais penser à lui

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    1. lui suivait avec attention et sympathie l'alphabet se déroulant sur votre blog et parvenu, vendredi dernier, à la lettre R...

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  2. bonne rentrée avec cette gitane qui me donne envie de rester sous l'arbre!

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    1. une question : la régie publicitaire de la RATP qui, ne craignant pas de sombrer dans le ridicule le plus obscur en interdisant une affiche décorée de la pipe de Tati-Mon Oncle, aurait-elle la même réaction de censure avec cette gitane ???

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  3. Illustrations très bien choisies, ce post me rappelle un peu le précédent, élégamment fleuri aussi ;-)

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    1. le problème, pour illustrer une page dédiée au Douanier Rousseau, c'est la médiocre qualité de reproductions de ses toiles...

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  4. "Il lui avait fallu plusieurs mois pour achever le portrait de Marie Laurencin et de Guillaume Apollinaire. Non pour des raisons d'inspiration ou de création. Simplement, il voulait absolument qu'il y eût des œillets au bas du tableau, et il dut attendre, pour en trouver, que la saison fût propice à son désir de végétation."
    (Dan Franck, "Bohèmes", Calmann-Lévy)

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    1. Voir votre lecture des "Bohèmes" de Dan Franck, sur votre blog, le 17 septembre 2012 :
      http://textespretextes.blogs.lalibre.be/archive/2012/09/08/bohemes-a-paris.html

      En préparant cette page, j'ai lu, mais sur le ton de l'anecdote sans référence, qu'interrogé à propos du volume donné à Marie Laurencin sur cette toile, le douanier Rousseau aurait répondu que c'était par souci d'équilibre avec son ami Guillaume...

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  5. Nous avons besoin aussi de noble et pure naïveté. Pourquoi faudrait-il avoir toujours les sourcils froncés ?

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    1. ce n'est pas Victor Hugo qui va te contredire :
      - "La naïveté est le visage de la vérité..."

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  6. Une page dans l'histoire de l'art qui n'est certes pas négligeable car elle a ouvert la porte au surréalisme.

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    1. en France, l'art qui progresse grâce à un douanier Rousseau et à un facteur Cheval... on croirait du Tati

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  7. J'avais vu avec beaucoup d'intérêt l'exposition au Grand Palais il y a quelques années. Je dois avouer qu'à part ses tableaux les plus célèbres, je ne connaissais pas grand chose de la vie du peintre.

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    1. A part les éventuelles expositions ponctuelles, 15 de ses toiles sont accrochées à des cimaises de musées français
      sinon, au cours de voyages en Europe, 5 toiles attendent les visiteurs à Bâle, 1 à Francfort, 1 à Hambourg, 4 à Londres, 1 à Lugano, 1 à Prague et 1 à Winterthur
      au-delà des océans, les USA restent les "champions"...

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  8. Une note passionnante à lire, merci !

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    1. moins passionnante qu'un phare au bout du monde...

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  9. ordre et désordre dans la luxuriance, couleurs sur le chevalet de la nature et de la toile, d'une note l'autre, forcément

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    1. un douanier qui a tellement à déclarer...

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  10. Alors que je présentais des photos-montage dans un club photo, une personne m'a soufflé à l'oreille que mes travaux lui faisaient penser au Douanier Rousseau, ajoutant : "on ne sait pas d'où vient la lumière". Je n'ai jamais su si c'était un compliment.

    Or j'aime beaucoup les toiles de Rousseau...

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    1. Une certitude : le Douanier Rousseau n'a jamais voyagé par le Transsibérien.
      Un souhait très sincère : que vous puissiez vivre cette odyssée féeroviaire...

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  11. Il ne fait pas bon de vouloir se faire une place aux soleil des arts lorsqu'on vient de nulle part ... pourtant il y avait du Gauguin dans le douanier Rousseau.
    L'histoire de l'art lui a donné la place qu'il mérite, oubliant sans doute quelque artistes qu'on encensé de son temps !

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    1. En 1910, très exactement... Roland Dorgelès décide d'un gag pour ébranler qui prend la peinture trop au sérieux. Devant huissier, il fait peindre un tableau par un âne (pinceau attaché à la queue). Titre retenu pour cette toile, une marine : "Et le soleil se coucha sur l'Adriatique." L'huissier demande que sera le nom de l'artiste ? Dorgelès propose : "Joachim-Raphaël Boronali", soit l'anagramme d'Aliboron.
      Ce tableau est exposé au Salon des Indépendants de 1910...

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  12. J'ai découvert assez récemment dans un cours consacré au Douanier Rousseau, l'étendue de son monde, bien loin de toute naïveté, épris de musique, ayant rencontré Picasso, mort dans l'indifférence et enterré dans la fosse commune.Merci pour cet article et particulièrement les écrits d'Apollinaire.

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    1. La gangrène a emporté le Douanier Rousseau, la grippe espagnole a été plus forte qu'Apollinaire alors que la fin de la guerre était fêtée dans une folle liesse : la mort est parfois d'une mesquinerie absolue

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  13. Etrange personnage que ce Douanier Rousseau... et dire que tous ces mondes peints sur la toile, étaient dans sa tête ; c'est ce qui m'émeut le plus.

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    1. peut-être a-t-il peint pour que ces mondes continuent à exister après sa mort, des mondes perdus sans ses toiles, déjà invisibles sans lui qui en était le dépositaire, l'héritier secret... et qui nous les a légués

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